[CONSEILS] Mon enfant fait des crises : que faire ?

Votre enfant a 2 ans et fait des crises incontrôlables lorsqu'il vit une frustration. Il hurle, serre les dents et les poings…
Comment réagir ? Réponse de Suzanne Vallières.

EN BREF :

· Comprendre la phase d'opposition
· Encadrer Bébé
· Prévenir les crises · Poser vos limite
· Poser vos limites
· Proposer  des choix
· Être à l'écoute pour le faire manger
· Laisser un petit bout de soi pour bien gérer la séparation

Colères de Bébé et phase d'opposition

Votre enfant vit une période qui caractérise la plupart des enfants vers l’âge de 2 ans : la fameuse période d’opposition. Elle se manifeste justement par les NONs incisifs, les crises, les pleurs et les colères. Pendant cette phase, votre tout-petit réclame plus d’autonomie (ce qui est une bonne nouvelle en soi) et veut s’affirmer, mais le vocabulaire lui manque. Il s’oppose ou démontre alors ses frustrations en utilisant les moyens dont il dispose (cris, colères…).

L'encadrer

Même si votre enfant est dans un stade normal de son développement, cela ne veut pas dire pour autant que vous devez tout tolérer passivement. Il a besoin d’encadrement et, surtout, de limites et de repères afin de développer sa sécurité personnelle et apprendre à gérer ses colères. Une bonne façon de faire diminuer l’opposition est de le prévenir à l’avance de ce qui l’attend (dodo, bain, fin d’une activité…). Les enfants détestent l’inconnu et auront souvent tendance à s’opposer devant les faits accomplis. En le prévenant à l’avance, cela lui permet de « se préparer » à la situation et à l’accepter plus facilement. Cela sécurise également les petits.

Prévenir les crises 

Interpréter la crise en pensant que son enfant fait un caprice devant des paquets de bonbons au supermarché, par exemple, serait une erreur. Le cerveau d'un enfant reçoit des milliers de stimuli sensoriels et il n'a rien à faire [quand il est assis dans le caddie, ndlr.], donc pas de direction pour trier et organiser ces stimuli qui excitent ses neurones. Vouloir des bonbons est une tentative de reprise de contrôle face à l'excès de stimulations. La bonne réaction ne serait donc ni de lui acheter un paquet de bonbon, ni de le gronder, ni de l'ignorer, mais de l'englober avec tendresse et solidité, même s'il se débat. Ce qui déclenchera une sécrétion d'ocytocine, une hormone qui l'aidera à se calmer, à développer les voies de communication neuronales qui l'aideront à gérer ses émotions toute sa vie.

Mais parce qu'il vaut toujours mieux prévenir que guérir, pour éviter ces crises de rage, il est conseillé de stimuler l'enfant lorsqu'il se trouve dans un nouvel environnement ou un endroit riche en sollicitations. Au supermarché, demander à un enfant de choisir les pommes, par exemple, ou de les peser, canalisera son attention. Son cerveau va sécréter de la dopamine, l'hormone de la motivation, de l'action volontaire, une hormone qui diminue le stress et inhibe les systèmes de la peur et de la colère.

Poser vos limites

Lorsque votre enfant fait une crise, restez calme et ne l’isolez pas dans sa chambre (puisque cela ne fera qu’accentuer sa frustration). Tentez de le consoler en mettant des mots sur ce qui vient de se passer. « Tu es en colère parce que c’est l’heure de faire dodo ? Viens avec maman/papa, on va lire une belle histoire ensemble, dans ton lit ». On lui apprend ainsi à exprimer ce qui le dérange au lieu d’avoir recours aux crises.
Attention à ne pas utiliser le dénigrement pour exprimer votre désaccord : « T’es méchant », «Tu n’es qu’un bébé »… Ces propos ne feront qu’accentuer l’opposition et les crises de votre enfant. Il faut savoir que malgré ce besoin intense d’affirmer son identité et son indépendance, votre petit a toujours besoin de réconfort et de sécurité. Alors, armons-nous de patience et de compréhension !

Proposer des choix 

La phase du 'Non' systématique peut ne durer qu'une semaine, juste le temps de vérifier 'je ne suis pas toi, j'ai le droit d'être moi' selon Isabelle Filliozat, maman de deux enfants et psychologue. L'opposition ne s'installe que si le parent refuse la différenciation. Le véritable besoin de cette période ne serait ainsi pas de s'opposer mais de se différencier.

La meilleure technique est donc de laisser l'enfant s'affirmer, mais dans un cadre bien défini. Au lieu de lui donner un ordre, auquel il répondra systématiquement "Non", offrez-lui un choix : "Tu veux mettre tes chaussures rouges ou tes chaussures vertes ?". Vous pouvez aussi installer des routines pour éviter de donner des ordres. Donner des informations qui sous-entendent qu'il faut passer à l'action peut également fonctionner : dire "tes copains arrivent dans trois minutes !" induit par exemple que l'enfant doit aller s'habiller, ranger sa chambre... "Double avantage : il se vivra comme un sujet, et donc n'aura pas besoin de s'opposer", développe Isabelle Filliozat.

Être à l'écoute pour le faire manger

"Et une cuillère pour... Papa !" Pour faire manger votre enfant, vous avez sûrement usé de nombreuses stratégies. S'il refuse d'avaler quoi que ce soit, ce n'est peut-être pas à cause du contenu de l’assiette mais la manière dont son repas lui est servi. Peut-être a-t-il envie de tenir la cuillère ? De manger à table avec les grands ?

Laisser un petit bout de soi pour bien gérer la séparation

Entre 12 et 18 mois, un enfant supporte rarement bien la séparation, même brève, avec l'un de ses parents. Et cela n'est pas dû à une carence d'amour ! Quand vous disparaissez à ses yeux, les hormones de stress l'envahissent. Sa réaction mammalienne est naturelle. Cette anxiété, commencerait entre 7 et 12 mois et atteindrait son pic entre 10 et 15 mois. Pour l'apaiser, vous pouvez lui confier une photo de vous, ou un morceau de tissu sentant votre odeur.

Source : parents.fr, lci.fr

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